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On l'appelait le petit Mozart des Champs-Élysées... C'est
là en effet, qu'au tout début du Second Empire, il implanta son
premier théâtre lyrique,- et dans sa musique, peut-être les spectateurs
retrouvaient-ils un peu de la grâce de son prédécesseur
Est-ce un clin d'œil à Chérubin,
ou tout simplement une mode de l'époque ? Dans le
Château à Toto, Hector de La Roche-Trompette,
dit Toto, châtelain de son état, est une femme. Sorte de chérubin
légèrement vieilli, sa voix s'est faite soprano et le personnage
est devenu noceur décadent, flambeur comme tous ses jeunes compagnons
de la " high society ".
Dans notre scénario, le héros
revient vendre le château de famille pour régler ses dettes, et
aussi, pour fuir définitivement, une campagne qui l'ennuie. Nouveau
clin d'œil, mais à Shakespeare cette fois, l'acquéreur potentiel
dudit château ancestral n'est autre que l'ennemi abhorré des La
Roche-Trompette, l'ignoble baron, chef du clan des Crécy-Crécy et
père, malgré tout, d'une fille charmante. Famille contre famille
! Capulet contre Montaigu ! Tout s'emmêle ! Qui l'emportera ? Après
de rocambolesques aventures auxquelles participe le chœur des paysans
du cru, notre Toto - c'était l'habitude d'affubler de surnoms ridicules
les jeunes gens snobs et huppés de l'époque - notre Toto, donc,
va bien entendu découvrir un sentiment nouveau pour lui, un sentiment
salvateur autrement dit l'amour Ce lui fera réunir par un mariage,
autant inattendu qu'attendu, les deux clans ennemis. Au-delà des
conventions d'usage, Meilhac et Halévy, librettistes complices et
attitrés des loufoqueries offenbachiennes, survolent avec délice
et humour les délirantes pérégrinations de toute une galerie de
personnages.
La musique d'Offenbach transcende
tout cela, une musique légère, délicieuse, cascadante, endiablée,
et souvent poétique. L'opérette traditionnelle devient chef-d'œuvre
et comme dans la Vie parisienne
ou la Belle Hélène,
on se surprend à fredonner quelques notes restées au coin de la
mémoire.
Jean-Louis Martin-Barbaz
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